Collecte de données en ligne

Veille : validez vos sources, l’exemple du coronavirus

Mon attention a été attiré par cet article de Capital : « Il n’y a qu’un fabricant de chloroquine en France. Et il est en redressement judiciaire ! ».

En ces temps troublés, toute information au ton alarmiste et catastrophiste doit être prise avec la plus grande prudence. Cela ne signifie pas que tout est faux, loin de là. Mais plus que jamais, les professionnels de l’information doivent partir à la chasse aux sources. Quitte à ne pas tout publier de suite. Une rumeur n’est pas de l’information, un démenti non plus.

Chloroquine et hydroxychloroquine : ça marche ou pas ?

La presse spécialisée sur les questions de santé nous le dit clairement depuis août 2005 : « La chloroquine est un puissant inhibiteur de l’infection et de la propagation du coronavirus du SRAS ». Une autre étude visant à « cibler l’acidification endosomale par des analogues de la chloroquine comme stratégie prometteuse pour le traitement des maladies virales émergentes » abonde dans ce sens :

Ces documents sont rédigés en langue anglaise, ce qui laisse penser qu’un travail de veille efficace, surtout dans le domaine de la santé, de la science ou de la technologie, ne peut être mené que par un professionnel maîtrisant cette langue.

A priori, selon ces deux études, la chloroquine pourrait être le remède à l’épidémie.

Sauf que l’INSERM dans un communiqué de presse du 22 mars 2020, annonce le lancement d’un « essai clinique européen destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux contre le Covid-19 ». Dans ce cadre de cet essai, baptisé Discovery, l’hydroxychloroquine, sera mis en concurrence avec le remdesivir (développé sous le code GS-5734), le lopinavir et le ritonavir, et le trio lopinavir, ritonavir et interféron beta.

Dans ce contexte, rien n’interdit de supposer que les laboratoires GILEAD (remdesivir), ABBOTT (lopinavir et ritonavir) et MERCK (interféron beta) présenteront les avantages de leur solution pour influencer l’opinion publique, tout comme l’a fait Didier RAOULT pour l’hydroxychloroquine. Ou attaqueront Didier RAOULT pour affaiblir sa position et renforcer la leur. En influence, tous les coups sont permis, surtout si ALTICE FRANCE, propriétaire de BFMTV et de BFM BUSINESS, et GILEAD partagent des actionnaires communs, comme cela a été révélé par Idriss ABERKANE

Dresser une cartographie plus complète permettrait sûrement de révéler d’autres connexions et interactions entre différents acteurs de différents environnements. Une tâche dont je suggère la réalisation à d’autres professionnels de l’information, afin que la vigilance soit maintenue.

Une démonstration d’efficacité de solutions conçues dans un laboratoire situé hors de l’Union Européenne entraverait considérablement la volonté d’indépendance de l’Union envers des Etats tiers. En outre, même si la production se trouvait dans un Etat de l’Union Européenne, en cas de nouvelle épidémie, la priorité du remède serait accordée aux ressortissants de l’Etat en question. D’où, peut-être, l’intérêt qu’aurait la France à soutenir et valoriser une solution nationale. Un intérêt que le Président de la République semble avoir intégré, à en juger par la teneur de son intervention à Angers le 31 mars 2020.

Pour autant, la France doit se montrer à la fois capable de solidarité et de relations cordiales avec les autres Etats, européens ou extra européens bienveillants à son égard, et ferme envers ceux qui ne le seraient pas. C’est l’alternative entre paix économique et guerre économique. De tout temps, faire la guerre, qu’elle soit économique ou militaire, a généré un coût plus élevé qu’entretenir des relations cordiales avec son voisin. L’une des clés est de commencer par des relations de paix avec tous, et d’imiter ensuite l’attitude adopté par l’Etat partenaire ou adversaire. Une variante plus subtile consiste à vivre en paix avec un interlocuteur puissant ou faible, mais bien intentionné, et entrer en conflit avec un adversaire plus faible s’il constitue une menace potentielle.

ll convient, enfin, de noter que d’autres recherches ciblent les dommages collatéraux générés par le SARS CoVID-2. Parmi elles, celles menées par Franck ZAL, créateur de la société morlaisienne HEMARINA, qui a abouti à la découverte des propriétés d’oxygénation de l’hémoglobine de l’arénicole, connu aussi sous le nom de « ver de vase », et qui pourrait pallier la détresse respiratoire provoquée par le SARS CoVID-2. Un protocole d’essai clinique a été validé par l’ASM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) le 28 mars 2020. Deux hôpitaux parisiens – Georges-Pompidou et La Pitié-Salpêtrière – réaliseront l’essai clinique sur dix patients en insuffisance respiratoire ne pouvant pas être intubés ou placés sous ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle).

Des entreprises comme celle ci sont des pépites qu’il convient de préserver de l’appétit d’acquéreurs aux motivations diverses. L’autonomie sanitaire est à ce prix.

Par delà ce conflit d’intérêts entre remèdes à l’épidémie, la question de l’efficacité de la chloroquine et de hydroxychloroquine soulève une deuxième question :

Faut-il sauver le soldat FAMAR ?

Un tel sauvetage ne présente d’intérêt que si la chloroquine et l’hydroxychloroquine se révèlent être les remèdes les plus efficaces. Et à ce stade, deux certitudes émergent :

1 – Chloroquine et hydroxychloroquine sont toutes deux commercialisés par SANOFI sous l’appellation de NIVAQUINE et PLAQUENIL.

2 – La société FAMAR LYON est bien en redressement judiciaire depuis juillet 2019.

Concernant la chloroquine, la position de SANOFI est claire : « nous arrêtons ce médicament », fait savoir un porte-parole de SANOFI, expliquant que le principe actif de la Nivaquine, la chloroquine soluté, est produite par un laboratoire indien IPCA Laboratories Ltd qui ne va plus la fabriquer. « Sans cette molécule, la Nivaquine n’existe plus », conclut SANOFI. Reste l’hydroxychloroquine, dont l’utilisation pourrait être relancée si elle s’avère efficace pour enrayer l’épidémie.

Pour autant, la société FAMAR semble être au cœur d’autres enjeux : « Cette usine, on va la faire repartir coûte que coûte », assure un interlocuteur anonyme. Car FAMAR, qui produit une centaine de médicaments, intervient dans la production de 12 médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM). Et se trouve être sous-traitant pour MERCK ou ABBOTT, qui commercialisent l’interféron beta, le lopinavir et le ritonavir, concurrents de l’hydroxychloroquine. Cela signifie que, si l’hydroxychloroquine est écarté au profit de ses concurrents, FAMAR serait en position de les produire, s’il en reçoit commande avant le 3 juillet 2020, date au delà de laquelle la société sera liquidée en l’absence de revenus suffisants. Et même si FAMAR devenait le producteur régulier en France de l’interféron beta, du lopinavir ou du ritonavir, cela ne signifie nullement que les français en seraient les premiers bénéficiaires. Une situation qui porterait donc atteinte à l’autonomie sanitaire française en cas de nouvelle épidémie de SARS CoVID2.

D’autre part, SANOFI précise que le PLAQUENIL est fabriqué « en interne dans les usines SANOFI ». Sauf que la localisation de ces usines n’est pas précisé « pour des raisons de sécurité ». Il est cependant plausible que les sites de productions de SANOFI se trouvent en Italie, en Norvège ou en Suède. Cela signifierait que l’autonomie sanitaire de la France est assuré, à condition que les pays d’accueil des usines de production n’en limitent pas l’exportation, notamment en cas de nouvelle épidémie ou de reprise de l’épidémie existante. La vigilance reste donc de mise…

Pour aller boire à la source

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s