Analyse : comportements individuels et stratégie d'entreprises

Mais pourquoi sommes nous sur Facebook ?

Je me suis posé la question. D’autant plus que je ne fais qu’y passer, c’est à dire 10 à 20 mn par jour (si, si, j’ai chronométré !). J’ai donc utilisé la méthode DCA pour mieux comprendre l’emprise de ce réseau social sur nos vies.

Car même si je fréquente peu ce réseau, j’y passe quand même. Parce que je suis un animal social. J’ai besoin de me connecter à un réseau humain et d’y contribuer, qu’il soit réel ou non. Et plus je « like », plus je participe à la monétisation de l’entreprise de Mark Zuckerberg. Mais plus je « like », plus je vais être « liké », au nom du sacro-saint principe de réciprocité qui régit toute société humaine. En outre, nous n’interagissons qu’avec des interlocuteurs avec lesquels nous partageons des points de convergence : âge, éducation, statut social, etc. Ce qui crée des « bulles émotionnelles » : « we like those who are like us ».

Et pour mieux comprendre nos émotions, Facebook a enrichi ses boutons. Grâce à cela, je peux désormais exprimer ma joie, ma tristesse, ma colère, ma surprise, mon dégoût ou ma peur. Les mêmes émotions que dans le dessin animé des studios Pixar : « Vice versa ». Normal : le consultant sur ce dessin animé a aussi conseillé l’équipe de la série « Lie to me ». Et Mark Zuckerberg a étudié la psychologie à Harvard. Rien n’arrive par hasard…

Pour Facebook, l’utilisation d’une icône correspondant à une de ces émotions est plus facile à analyser qu’un long texte. Comme celui que vous lisez en ce moment…Et cela permet d’optimiser le « ciblage comportemental ». Sans compter ces expériences de sciences sociales dont nous sommes les cobayes…à notre insu, bien sûr. Et grâce à cela, notre fil d’actualité influence nos émotions. Le recours à l’émotion court-circuite la réflexion, tout comme le remplacement du mot par l’image, voire l’icône, appauvrit notre pensée, dont nos paroles sont le reflet, et restreint la cohérence de nos actions.

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : même si nous cessons de nous connecter au réseau bleu, celui ci continue de collecter des données sur nous, par l’intermédiaire de l’icône Facebook qui orne désormais de nombreux sites Internet. Ce bouton aspire vos données de navigation quand la page se charge. Et si vous n’êtes pas connecté à Facebook, ces données sont stockées de façon anonyme, sans que le RGPD ne lui soit opposable. Une des manifestations de l’exterritorialité du droit américain, un thème sur lequel Ali Laïdi attire notre attention…

Et souvenez vous : « Si c’est gratuit, c’est toi le produit »…

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