Analyse : comportements individuels et stratégie d'entreprises

PME/PMI : et si vous managiez autrement ?

Sous l’appellation ésotérique « Où (en) est l’Intelligence Economique en France« , Nicolas LEREGLE fustige le cartésianisme français, qui, comme son article le souligne « devient, tout à coup, un problème quand il s’agit de questions dont les réponses reviennent à vouloir placer dans des cases rigides et prédéfinies des objets composites et de formes fluctuantes« . Un problème qui impacte directement le recrutement lorsque le candidat ne rentre pas dans les cases préalablement définies par les organigrammes d’entreprises hiérarchico-fonctionnels. Or, les collaborateurs sont les dépositaires du savoir-faire de l’entreprise. Il en résulte deux séries de conséquences néfastes en terme de management :

a) Une vision cloisonnée d’événements vécus comme des épiphénomènes sans conséquences, donc sans intérêt, faute de disposer de moyens tant matériels qu’humains, et de méthodes pour les replacer dans un contexte plus global. Cela conduit les entreprises à subir leur environnement plutôt qu’à le comprendre, ce qui leur permettrait de mieux décider et de moins souvent se tromper.

b) Une vision court terme de l’état et de l’évolution des marchés, qui ne permet notamment pas l’anticipation de situations difficiles, donc la recherche en amont de solutions et l’intégration prévisionnelle de talents pour y faire face. Les entreprises se retrouvent alors à courir après leurs concurrents plutôt que de les prendre de vitesse, et à décider dans l’urgence, quitte à devoir faire des volte-face incompréhensibles pour leurs managers et leurs collaborateurs, qui finissent par conclure que « faire et défaire, c’est toujours faire » plutôt que dans la sérénité de décisions prises sur le moyen/long terme. Dans un tel contexte, 40 % des PDG ont le sentiment que l’obligation d’agir vite les empêche de demander plus de données. Ils passent ainsi à côté d’opportunités de croissance.

Ces conséquences renforcent une croyance erronée : le monde serait devenu VICA : volatil, incertain, complexe et ambigu. Or, une perception globale de l’environnement montre, au contraire, une grande cohérence des acteurs économiques les plus importants de leur marché, notamment ceux évoluant au delà de la sphère locale et nationale. D’où la difficulté pour les PME-PMI tricolores à s’attaquer aux marchés internationaux

Source :

Nicolas LEREGLE « Où (en) est l’Intelligence Économique en France ?» – 13 janvier 2020

DOUANE.GOUV.FR « Résultats du commerce extérieur de la France » – 8 janvier 2020

Anne DEL POZO (OPTION FINANCE) « Les entreprises françaises peinent à exporter » – 11 juin 2019

FINYEAR « Les dirigeants d’entreprise en Europe donnent la priorité à « l’instinct » et à la « vitesse » au détriment d’une prise de décision pilotée par les données »

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