Collecte de données en ligne

Le veilleur est mort…

« Monsieur et Madame Information ont la douleur de vous faire part du décès de Madame Veille le 10 septembre 2019. Les obsèques seront célébrées en l’église de Notre-Dame de la Com’ et du Marketing. »

Voilà, en une formule lapidaire, ce que j’ai retenu des trois interventions auxquelles j’ai assisté le 10 septembre 2019 lors du Search Day, le rassemblement des professionnels de la veille stratégique.

Première leçon : la plupart des grands groupes et les ETI sont équipés de plateformes de veille

Cela signifie, pour les commerciaux, que l’enjeu réside désormais dans la vente de mise à jour des outils existant. Concernant le recrutement, cela signifie également que les utilisateurs de ces plateformes n’ont plus besoin d’être des professionnels aguerris, maîtrisant les opérateurs booléens ou disposant de listes de sources à la Prévert. Il leur suffit, trois fois par jour, de se connecter à leur plateforme, d’appuyer sur des touches de leurs ordinateurs ou de cliquer sur leur souris. Il en résulte une baisse des charges salariales, liée à une moindre expertise requise. Et des réorganisations ainsi que des restrictions de budget dans les grandes structures, comme me l’ont confirmé verbalement les contacts rencontrés sur place.

Deuxième leçon : Les PME/PMI/Startup n’ont pas besoin de professionnels de la veille

En effet, ils ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour embaucher des experts de la veille, ou s’abonner à des solutions trop chères pour eux. La veille est réalisée par les responsables de chaque service grâce à des outils gratuits et des agrégateurs d’informations. Pour en apprendre plus sur la veille dans les PME, contactez moi.

Troisième leçon : la veille n’est plus pratiquée par les professionnels de la veille

Sur ce point, Christian LANGEVIN (QWAM) et Eric BERTOLETTI (KB CRAWL) sont d’accord. Les nouveaux veilleurs sont des gens issus de la vente, du marketing, de la R&D et, à la marge, des services Etudes et Documentation.

Il en résulte une plus forte demande de productivité et une appétence pour les reporting accrocheurs plutôt que pour les longues réflexions. A ce titre, l’accès à l’information doit être rapide et la validation humaine réduite à son strict minimum, principalement pour détecter les signaux faibles. Ce gain de productivité résulte notamment de la mise en place de bases de connaissance constituées à partir des veilles précédentes ou de tagging automatique.

En outre, l’accès à l’information se fait principalement par le canal de sources fiables, afin d’éviter les « fake news » : presse ou communication officielle des entreprises pour le « corporate« . D’où l’importance, pour les éditeurs de solutions de veille, de passer des accords avec la presse pour régler le délicat problème du respect des droits d’auteurs. Et pour sonder les consommateurs, rien de mieux que les réseaux sociaux, principalement Facebook, Youtube et Twitter. La veille ne sert donc plus à comprendre, mais à répondre, ni à agir mais à réagir. Un signal indicateur d’un temps orienté court terme. Enfin, lors des trois interventions, l’accent est mis sur la recherche d’informations en langue française. Donc, réduction de l’environnement au territoire national.

La veille n’est donc plus une fonction à laquelle l’entreprise consacre du temps, mais une mission au sein d’autres, soumise à des impératifs de productivité. Il en résulte le paradoxe suivant : la veille est bien rentrée dans la plupart des entreprises, comme les veilleurs le souhaitaient, mais ceux ci sont restés dehors.

Et pourtant…

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