Banques et assurances

Finances et transformation numérique : de l’antagonisme à l’alliance

Depuis l’émergence des Fintech, appellation générique pour désigner ces start-up qui utilisent la technologie numérique pour repenser et dématérialiser les services financiers, jamais le secteur de la bancassurance n’aura été autant sous pression. En cause : des taux historiquement bas et des nouveaux entrants de plus en plus agiles, dont les services sont moins coûteux et dont la finance n’est pas toujours le métier historique : Orange Banque, GAFA américain (Google, Apple, Facebook, Amazon), BAXT chinois (Baidu, Alibaba, Xiaomi, Tencent), etc. Face à des technologies qu’il n’a su ni anticiper, ni adopter, le monde de la bancassurance française se bat désormais sur un autre terrain pour faire jeu égal avec la Fintech : décrypter les données pour mettre en place des stratégies de relations personnalisées et, ainsi, se différencier par la qualité de ses relation clients. Une démarche que viennent perturber les récentes réglementations européennes…

Un marché en cours de structuration

Nouveaux moyens de paiement, explosion du crowdfunding, ou crédit participatif qui permet de financer un projet en collectant des fonds auprès de particuliers grâce à une plateforme en ligne, nouvelles réglementations européennes…L’émergence des Fintech ne constitue qu’une des facettes d’un mouvement d’une toute autre ampleur : la transformation numérique. Et si une régulation française rigide et contraignante a jusqu’à il y a peu freiné cette transformation, les banques et assureurs traditionnels réalisent désormais qu’à résister au changement, ils pourraient bien y perdre une clientèle d’entreprises ou de particuliers jeune, exigeante et volatile, en quête de services toujours plus rapides et attirés par le chant des sirènes que constituent de nouveaux entrants comme LENDIX, ALAN, ou LYDIA. Or, c’est bien le client qui génère les données qu’utilisent les acteurs financiers pour augmenter l’attractivité de leurs produits, de leurs services et, in fine, créer de la valeur. Encore faut-il que les établissements financiers disposent des hommes et des outils nécessaires au recueil et au traitement de ces données, que ce soit en interne ou en externe. Des services que leur proposent désormais des entités comme SEMAPHORE CONSEIL ou PROFIDEO.

Devant cette irruption de la technologie dans les transactions commerciale, l’Europe, qui ambitionne de devenir la plateforme mondiale de la Fintech, a encadré ce marché de quelques règles, parmi lesquelles la DSP2 et la RGPD.

Entrée en vigueur en janvier 2018, la DSP2 (Directive sur la sécurité des paiements) crée un cadre réglementaire qui oblige les banques à laisser les clients partager leurs données financières avec des fournisseurs tiers de manière sécurisée grâce à l’utilisation d’API (Applications Programming Interface). Elle précise également l’imputabilité des responsabilités en cas d’opérations contestées, sous réserve des normes techniques réglementaires concernant l’authentification du client et la communication sécurisée entre les prestataires de services de paiement que doit adopter l’Autorité Bancaire Européenne. Une réflexion que les banques traditionnelles et les Fintech ne manqueront pas de suivre de près, et sur laquelle elles interviendront auprès de l’Autorité Bancaire Européenne pour faire valoir leur point de vue.

Autre norme entrée en vigueur en mai 2018, la RGPD (Réglementation Générale sur la Protection des Données) impose aux acteurs du monde la finance de prouver l’intégrité et la validité du consentement des clients quant au partage et l’exploitation marketing et commerciale des données personnelles.

Bancassurance et Fintech : le mariage de raison

« Si tu ne peux pas vaincre tes ennemis, joins toi à eux » disait Winston CHURCHILL. Et penser que les Fintech auront la peau des banques traditionnelles ou l’inverse s’avère peu réaliste. Le monde de la bancassurance française semble d’ailleurs en prendre son parti, à l’image de LA BANQUE POSTALE, qui en 2017 a racheté le leader européen du crowdfunding KISS KISS BANK BANK. Une démarche qui fait écho à la volonté de Bruxelles de placer l’Europe au cœur de la Fintech, comme pour valider cette phrase de Bill CLINTON : « nous avons besoin de l’activité bancaire, mais pas des banques ». Et pour trouver sa place dans cet univers, les dirigeants des deux parties, mais aussi de l’ensemble du monde entrepreneurial, devront s’adapter…ou disparaître. Un impératif qui pourrait influencer la désignation du prochain Président du MEDEF en juillet 2018.

Quoi qu’il en soit, cette ambition s’inscrit dans une durée longue. Car la transformation de l’univers financier s’appuiera sur des entreprises pérennes et reconnues pour rassurer la confiance du client dans du temps long. Dans le même temps, elle inclura des petites structures agiles de temps court.

A l’instar des startups des autres environnements économiques, qui tentent de trouver des financements sur du long terme, les Fintech vont s’adosser sous certaines segmentations de marché avec des banques traditionnelles. Cette option offre aux grandes banques traditionnelles innovation et agilité, tandis que les Fintech obtiennent un financement sur le long terme tout en restant autonomes. Un arrangement mutuellement profitable…pour le moment.

SOURCES

L’USINE DIGITALE « Fintech »

Le site Internet de LENDIX

Le site Internet de ALAN

Le site Internet de LYDIA

Le site Internet de SEMAPHORE CONSEIL

Le site Internet de PROFIDEO

Le site Internet de KISS KISS BANK BANK

ACPR « La révolution numérique dans les banques et les assurances françaises »

FONDATION CONCORDE « Ecosystème bancaire et transformation numérique : une opportunité pour l’économie française » – octobre 2017

LA TRIBUNE « Le financement immobilier participatif, enjeux, défis et perspectives » – 1er décembre 2017

Etienne LDVA « le futur du patronat se trouve dans la Fintech » – 9 décembre 2017

SSP « Face aux RTS, le paiement par compte bancaire a toutes ses cartes à jouer » – 16 janvier 2018

ETUDE MOBILE OGURY « Banque traditionnelles versus Fintech par pays » – 2018

CAP GEMINI « World Fintech Report 2018 » – 27 février 2018

Nicolas VIEUX (MAZAR) « DSP2, GDPR : quels enjeux pour les Fintech »1er mars 2018

Derek PERROTTE (LES ECHOS) « Bruxelles veut se poser en championne des Fintechs » – 8 mars 2018

Charlie PERREAU (JDN) « Ce que préparent les banques et assurances dans le numérique en 2018 » – 26 avril 2018

Nathalie BEAUDEMOULIN (ACPR FINTECH INNOVATION) « Fintech : enjeux de compétition, enjeux de régulation » – 27 avril 2018

CAFE DE LA BOURSE « Finance : la data au cœur des enjeux » – 3 mai 2018

Rajâa AOUINA (GM CONSULTANT) « La Directive européenne DSP2 : vers une meilleure protection du consommateur » – 14 mai 2018

TOUTE LA FRANCHISE « Nanceo, la fintech qui révolutionne le leasing » – 29 mai 2018

Liens à jour le 9 juin 2018

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