insertion professionnelle·Le monde du travail

Recrutement : s’adapter ou périr

« L’IA crée un monde ultracomplexe, mi-réel, mi-virtuel, qui exige des médiateurs humains extrêmement doués » a écrit Laurent Alexandre le 16 mai 2018 dans un article diffusé par le journal L’Express.

Voilà qui constitue à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour les recruteurs.

Bonne nouvelle : à en lire le Web, le monde du recrutement ne jurerait plus que par les « soft skills », ce savoir être échappant à toute quantification, pour repérer et séduire les candidats les plus potentiellement porteurs de valeurs ajoutées. Si tel est le cas, alors plus les méthodologies de repérages s’affineront, notamment par le recours à l’IA, plus les candidats créatifs, doués, intuitifs (bien que je n’aime pas ce mot) seront rapidement et facilement repérés, plus l’IA progressera rapidement, notamment pour repérer les candidats les plus potentiellement porteurs de valeurs ajoutées.

Un cercle vertueux de l’innovation, en somme, qui aura le mérite d’associer l’homme et la machine.

Mauvaise nouvelle : la transformation numérique par la montée en puissance de l’IA passe par une transformation des modes de management, à laquelle les entreprises françaises ne sont pas toutes prêtes. Nombre de nos entreprises françaises fonctionnent encore sur un modèle hiérarchique et pyramidal. Or, les candidats créatifs, doués, intuitifs fuient comme la peste ces cultures d’entreprises qui les brident, tout comme ils ont fui l’Education Nationale qui les a bridé. En outre, une profession RH qui gère le risque d’erreur de recrutement en pratiquant le « copier coller » dans une vision court terme laissera derrière la porte les candidats créatifs dont elle a le plus besoin. Ceux ci n’auront alors d’autre choix que d’aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte. Un départ qui affaiblira la compétitivité des entreprises nationales, et ouvrira sur le marché français des boulevards aux entrepreneurs étrangers les plus imaginatifs. Ceux ci sauront alors attirer à eux les profils français les plus prometteurs, appauvrissant encore davantage le cheptel humain disponible à la montée en compétitivité des entreprises françaises.

Un cercle vicieux de la routine, en somme, qui empoisonnera l’ensemble de l’économie française.

Pour aller plus loin

Laurent ALEXANDRE « La bêtise de l’IA est révolutionnaire« 

Patrick CUENOT « « Quelle place pour la créativité dans notre société » : diversité contre uniformité« 

Manuel DIAZ « L’avenir des assistants RH est-il les robots?« 

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