Analyse : comportements individuels et stratégie d'entreprises·Comportements individuels : profiling et ciblage comportemental

« Quelle place pour la créativité dans notre société » : diversité contre uniformité

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le billet de Carole LEPICARD intitulé « Quelle place pour la créativité dans notre société ?« , que Maud LE MOËNNE a relayé sur LinkedIn.

Quand deux mondes s’opposent…

« Notre système éducatif impose un moule. Il faut être bon partout, être rigoureux et surtout pas têtes en l’air.« déplore Carole LEPICARD.

« La créativité , la gestion des émotions, la pensée systémique doivent trouver une place dans l’éducation de nos enfants !  » renchérit Maud LE MOËNNE.

La simple lecture de ces deux phrases ouvre, dans l’esprit du professionnel de la veille que je suis, un écran sur lequel se dessine une perception du système éducatif français.

Un système qui, selon Carole LEPICARD, placerait les individus sous dépendance d’un pouvoir hiérarchique centralisé, centralisateur et difficile d’accès : celui de leurs parents d’abord, puis des enseignants et, plus tard, de leurs managers. Dans un tel contexte, les créatifs et les imaginatifs feraient figures d’indisciplinés qu’il conviendrait de mater, pour que le système social hérité de Jules FERRYperdure et se perpétue.

Sauf que, quelques lignes plus bas, Carole LEPICARD nous dépeint « une société où plus rien n’est prévisible, où l’agilité est requise pour tirer profit des expériences réussies ou pas.« .

Voilà que ressort cette croyance en l’existence d’un monde complexe, au coeur duquel l’instant serait plus facile à appréhender qu’un passé obsolète ou un futur incertain. Un monde impossible à anticiper, où tout peut être remis en cause à tout moment, dans lequel seule la réaction serait salvatrice. Dans cet environnement présumé instable, mieux vaudrait s’adapter plutôt que planifier. Voilà pourquoi la génération dite Y (Dieu que je n’aime pas ces généralisations hâtives) ne veut pas diriger.

…alors qu’une synthèse est possible

La résolution de cette contradiction entre un système éducatif rigide et des individus psychologiquement bridés par leurs croyances se trouve peut-être chez Maud LE MOËNNE : la pensée systémique.

Une pensée qui permet d’appréhender les différentes facettes de notre environnement comme un ensemble cohérent. Au coeur de cet ensemble, les liens de cause à effet sont nombreux. Certains surviennent rapidement, d’autres plus longtemps après la survenance du fait générateur. Un moyen de réconcilier passé, présent et futur en les appréhendant de manière globale, voire holistique, et prospective.

La pensée systémique souffre néanmoins de deux limites liées aux individus qui l’utilisent :

1 – Elle requiert de la part de l’utilisateur un haut potentiel intellectuel : il ne s’agit plus de penser sur le mode de la logique aristotélicienne, qui s’appuie principalement sur le syllogisme (prémisses/conclusion), ni sur celui de la logique dalectique (thèse/antithèse/synthèse) chère à Hegel. La pensée systémique repose sur la définition des variables d’influence, l’analyse des interactions et la mise en place d’une surveillance du système pour en anticiper les mutations. Or, les personnes aptes à mettre en place un tel système se trouvent parmi celles dont le système éducatif pointe du doigt l’absence de rigueur.

2 – Elle requiert de la part de l’utilisateur une pensée en arborescence : confrontés à un problème complexe, la plupart des personnes raisonnent en mode séquentiel : elles établissent une liste des difficultés rencontrées et les règlent une à une, dans leur ordre d’apparition. Ce faisant, elles déplacent souvent le problème, générant ainsi de nouvelles difficultés. Face à cela, la pensée en arborescence, qui repose sur l’activation d’un réseau d’idées, « passe du coq à l’âne« . Elle part d’une idée centrale et procède par association d’idées et par analogies. Un mode de pensée courant chez certaines personnes dites neuroatypiques (Asperger, Hauts Potentiels Intellectuels…), pas toujours apprécié à sa juste valeur par les enseignants.

Une voie alternative existe donc à l’uniformisation. Mais qui l’empruntera ?

sources

Biographie de Carole LEPICARD

Biographie de Maud LE MOËNNE

Maud LE MOËNNE « Comment ne pas faire de nos enfants des schizophrènes dans ce monde digital qui s’ouvrent à eux? « 

Carole LEPICARD « Quelle place pour la créativité dans notre société ?« 

La « systemic attitude« 

« La pensée divergente« 

Patrick CUENOT « Pourquoi la génération Y ne veut pas diriger« 

Biographie de Patrick CUENOT, chargé de veille

2 réflexions au sujet de « « Quelle place pour la créativité dans notre société » : diversité contre uniformité »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s