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Pourquoi la Génération Y ne veut pas diriger

Mann in Bücherei mit lebhafter Fantasie

J’ai eu l’occasion d’expliquer ailleurs pourquoi le découpage de la population française en générations me laisse sceptique.

Malgré cela, la génération dite Y, née entre 1980 et 1995, fait couler beaucoup d’encre.

Et l’analyse d’Alain ROUMILHAC, Président de MANPOWERGROUP FRANCE, vient s’ajouter à la longue liste de ceux qui essaient de cerner ces jeunes qu’ils ne comprennent pas.

Pourtant, une phrase, dans ce billet, a retenu mon attention :

la Génération Y a parfaitement compris qu’elle va devoir vivre dans un monde où tout peut être remis en cause à tout moment.

Une phrase qui montre que l’effet est confondu avec la cause.

Je m’explique :

Cette Génération dite Y (je n’aime décidément pas cette appellation qui enferme les gens dans des cases) regroupe des personnes au profil psychologique d’improvisateurs. Un improvisateur est quelqu’un qui préfère comprendre plutôt que maîtriser, s’adapter plutôt que planifier, expérimenter plutôt que contrôler. Voilà qui explique leur désintérêt pour le management : pourquoi se soucier aujourd’hui de ce qui aura changé demain ? Qu’importe la destination, seul importe le voyage. Dehors la stratégie, vive les tactiques !

Ce n’est donc pas parce qu’ils vivent dans un monde où tout peut être remis en cause à tout moment qu’ils adoptent ce comportement, mais parce qu’ils adoptent ce comportement qu’ils vivent dans un monde où tout peut être remis en cause à tout moment. Et l’origine de ce comportement se situe dans l’environnement social instable et précaire dans lequel ils ont évolué : familles éclatées, recomposées, décès, déménagements, voire émigration…Tout cela a contribué à imprimer dans leurs esprits la croyance que le monde est un endroit instable. Forts de ces croyances, ils ont développé des valeurs d’adaptation, de réactivité et de spontanéité qui leur permet de gérer avec brio des situations de crise, mais les empêchent de voir à moyen et long terme. En outre, l’improvisateur déteste l’autorité.

Pas étonnant, dans ces conditions, qu’il ne se perçoive pas comme un manager. Et il ne s’assimilera pas davantage à un expert, puisque nulle expertise ne saurait s’affirmer dans un monde en perpétuelle mutation. Voilà pourquoi leur insertion dans le monde de l’entreprise s’avère particulièrement malaisée.

Seule solution : leur proposer en permanence des choses nouvelles, des situations inédites, une perception différente. Voilà qui devrait réjouir les vendeurs, qui trouveront là une clientèle attirée par le produit dernier cri. N’en voyez vous pas une illustration avec la fièvre de Noël autour des objets connectés ? Quant aux managers de l’entreprise, ils devront se positionner en coaches et proposer à leurs collaborateurs improvisateurs des tâches diversifiées, nécessitant parfois d’acquérir de nouvelles compétences.

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