Profiling verbal

La revanche des littéraires

Cet après midi, j’ai un rendez-vous téléphonique avec un interlocuteur.

Dans ce cas, j’effectue toujours, en amont, une recherche sur la personne avec qui je vais m’entretenir, et sur l’organisation à laquelle elle appartient ou qu’elle représente. Non pas pour tout savoir sur elle, car cela ne sert à rien : on ne sait jamais tout sur un sujet. Mais plutôt pour comprendre quels sont ses besoins, et comment elle appréhende son environnement économique. Et, en la matière, le vocabulaire est un véritable révélateur de la vision d’une personne.

A ce propos, je vous recommande chaudement la lecture d’un billet sur le blog du Mastère Spécialisé Analyse Stratégique et Intelligence Economique de l’EISTI, intitulé « Recherche d’informations : ces slogans qui vous dévoilent« . A partir de l’ancien slogan du journal Paris Match et d’une biographie de Jean Prouvost, l’auteur du billet met en valeur la prévalence de la rentabilité financière dans l’élaboration de la stratégie du groupe. Ce billet n’est que le premier d’une série sur le thème de l’utilisation de la sémantique comme outil d’analyse.

Voilà qui me rappelle un billet publié en 2012, intitulé « La revanche des littéraires sur le Web« . Avec l’irruption d’Internet dans l’univers du marketing, les professionnels se sont aperçu non seulement que les descriptifs techniques ne faisaient pas toujours vendre les produits, mais que la langue de bois ne servait pas le marketing social. Du coup, le littéraire, celui que les scientifiques regardaient avec condescendance, trouve dans cette société de l’information la place du porte-parole de l’entreprise.

Dès lors, les articles qui s’interrogent sur l’opportunité d‘interdire l’accès aux réseaux sociaux dans l’entreprise, de peur que les collaborateurs ne l’utilisent pour porter atteinte à l’image de marque de l’entreprise, me font sourire. D’abord, parce que le collaborateur dispose désormais d’autres outils que ceux que lui fournit son entreprise pour se connecter sur les réseaux sociaux. Ensuite, parce que les sites Internet des entreprises eux mêmes délivrent bien plus d’informations sur la stratégie de l’entreprise que ne le fera jamais un collaborateur avisé, conscient qu’il violerait alors son obligation de loyauté.

Des exemples ? Voilà une entreprise au sein de laquelle la performance économique se mesure en parts de marché, et qui axe sa stratégie sur la fidélisation des clients, plus que sur la conquête de prospects. Pour celle ci, par contre, la conquête de parts de marché ne sert qu’à  satisfaire les actionnaires de l’entreprise, soucieux de rentabilité financière. Enfin, ce dernier n’a d’autre but que d’accroître la valeur de l’entreprise pour la vendre au meilleur prix et au plus offrant le moment venu. Et tout cela découle uniquement de l’examen attentif du site Web de l’entreprise et de sa communication sur les médias sociaux, donc une communication institutionnelle encadrée. Et le thème abordé, c’est à dire l’entreprise, n’y change rien. Ces entreprises, parleraient-elles de la dernière victoire ou de la dernière défaite de l’équipe de France de football, exposeraient encore leur vision stratégique. Là se trouve le pouvoir des mots.

Du coup, une question se pose : faut-il détruire les sites Internet ? Pas sûr, puisque d’après une étude réalisée par la société belge Email Brokers, 80% des entreprises ayant fait faillite en 2013 n’avaient pas de site Internet. Voilà donc le monde économique pris dans un dilemme : s’exprimer, au risque de se dévoiler, ou se taire au risque de disparaître. Décidément, les littéraires tiennent leur revanche…

Pour en apprendre plus sur le pouvoir des mots, vous pouvez me contacter.

3 réflexions au sujet de « La revanche des littéraires »

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