Collecte de données en ligne

Elicitation : les RH aussi…

Comme nous sommes dimanche, et pour reposer vos neurones, un petit billet léger sur une pratique méconnue : l’élicitation.

Pour ceux qui ignorent de quoi il s’agit, l’élicitation se définit comme « une manière de soutirer de l’information à une personne ou un groupe« .

L’emploi du verbe « soutirer » implique que la personne élicitée fournit, grâce aux manœuvres de la personne élicitante, des informations qu’elle n’aurait pas délivré de son plein gré.

Pour cette raison, l’élicitation a mauvaise presse, tant dans les milieux professionnels qu’auprès du grand public, s’apparentant à une démarche de manipulation psychologique. Ce qu’elle est dans certains cas, d’ailleurs. Il existe de nombreux articles, diffusés sur Internet, qui sensibilisent notamment les visiteurs des foires et salons professionnels ainsi que les exposants à cette pratique.

Pour autant, l’élicitation n’est pas qu’une facette « noire » de l’influence. Il existe une élicitation « blanche« .

En témoigne ce programme étudiant proposé par l’Université de Poitiers préparant à l’obtention du diplôme de « Pratiques avancées de bilan de compétences (PABC)« .  Un métier qui, a priori, se situe à mille lieux des pratiques d’élicitation précédemment décrites.

Sauf que le module 6 de ce programme évoque « l’élicitation des compétences« . Les centres de bilans de compétences seraient-ils des manipulateurs ?

Pas forcément. Un bilan de compétences se propose de détecter chez celui qui en accepte le principe des compétences, c’est à dire un ensemble de savoirs, de savoir-faire et de comportements dont lui même n’a pas conscience, et qui lui permettront de faire émerger à sa conscience un besoin en formation complémentaire ou d’orienter sa recherche professionnelle vers de nouveaux horizons.

Difficulté : la personne sondée n’étant pas consciente de ces compétences latentes, elle ne peut les formuler de manière explicite. Il importe donc que le professionnel du bilan de compétences les fasse émerger. Le cas échéant en utilisant les techniques inhérentes à l’élicitation.

Par extension, les mêmes techniques seront utilisées par les professionnels des Ressources Humaines en mission de recrutement pour valider les compétences détectées chez un candidat soit à la lecture de son CV (un document d’influence) soit après une collecte de données sur Internet. Bien entendu, le responsable du recrutement pourra en profiter pour glaner quelques informations sur un ou plusieurs concurrents afin de les faire remonter à qui de droit.

L’Intelligence Economique traîne derrière elle une épouvantable réputation d’abstraction. Voilà qui démontre que même les professionnels des Ressources Humaines pratiquent l’Intelligence Economique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir, mais de manière très concrète. Reste à la Direction à intégrer ces pratiques éparses dans un processus coordonné et cohérent d’Intelligence Economique d’entreprise.

Tout un programme !

Une réflexion au sujet de « Elicitation : les RH aussi… »

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