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« The Voice », ou l’initiation à l’Intelligence Economique

The Voice 2 - la plus belle voix - MYTF1

L’une des parties les plus délicates à exposer lorsqu’on évoque la veille est son lien avec la stratégie. Car associer veille et stratégie, c’est un peu comme la rencontre du feu avec la glace.

La veille est quelque chose de concret, pour peu que celui qui la sollicite définisse avec précision la nature des données qu’il souhaite extraire. A l’inverse, la stratégie se caractérise par un côté abstrait et désincarné qui rebute de prime abord. En stratégie, on parie sur le long terme, on échafaude des hypothèses, on spécule sur des opportunités…En clair, on avance dans l’inconnu, et l’inconnu fait toujours un peu peur. Voilà pourquoi les dirigeants d’entreprise préfèrent garder un œil sur le compte en banque et l’autre sur le carnet de commande. C’est plus concret, plus tangible, plus matériel. Mais cela ne permet pas de construire sur la durée.

La stratégie fait aujourd’hui partie intégrante de l’Intelligence Economique, au même titre que la Veille. D’ailleurs, on parle parfois de « Veille stratégique« . Car la veille est une démarche opérationnelle qui permet au dirigeant de mieux appréhender son environnement matériel et humain pour prendre les décisions qui assureront la pérennité de son entreprise. Ses choix passés expliquent sa situation présente, et ses choix présents conditionnent sa situation future.

Mais les stratèges s’expliquent parfois de manière abstraite. Alors que des exemples concrets se trouvent souvent sous nos yeux. Et l’un d’eux est exposé sur nos écrans tous les samedi : « The Voice« .

Pour ceux qui ne suivent pas l’émission, le principe en est simple : quatre coachs, trois femme (ne me demandez pas pourquoi…) sélectionnent chacun plusieurs (12 ou 18, je ne sais plus) talents, jeunes ou moins jeunes au cours d’une audition, le but étant pour chaque coach d’attirer dans son équipe le talent qu’il estime le plus prometteur afin de le voir remporter le titre de « The Voice » (la voix, en français dans le texte). La sélection se fait en deux étapes : les « battles« , au cours desquels chaque coach confronte ses talents et retient ceux qui lui paraissent les plus prometteurs, et les lives, au cours desquels le public est appelé à choisir le talent qu’il souhaite sauver, le coach disposant alors d’une marge de manœuvre qui se restreint à mesure que la compétition avance.

L’intérêt de cette émission sur d’autres (je pense notamment à la Star Academy) vient du fait que l’acteur du jeu est non pas l’artiste mais le coach qui le sélectionne, le conseille et l’évalue à chaque phase du processus de sélection. Un processus qui nécessite un sens aigu de la stratégie, d’abord pour repérer les talents dans la cohorte de ceux qui passent, tous d’excellentes qualités. A ce stade, la sensibilité du coach entre en ligne de compte, et chacun d’eux a son approche et ses critères d’évaluation : originalité, technique vocale, etc. Mais la compétition avec les autres coachs fait rage, qui souhaitent aussi attirer à eux les meilleurs pour espérer gagner. Tous les arguments sont bons pour influencer le candidat, tout à sa joie de voir des stars internationales ou nationales s’intéresser à son talent. Voilà qui n’est pas sans rappeler MICE…Et entre coaches, la conquête du talent prometteur ne s’encombre pas de politesse, surtout sur la version US ! Même la pauvre Shakira n’est pas épargnée

Mais lors de la phase live, le coach se trouve aussi confronté à la possibilité laissée aux autres coaches de prendre les talents qu’il n’aura pas retenu et aux votes du public, qui s’exprime aussi sur les réseaux sociaux, et dont les critères de choix ne sont pas forcément les mêmes que les siens. Et le coach doit d’autant plus intégrer cette « vox populi » dans les décisions qu’il prend, pour faire du public l’allié qui le mènera à la victoire, que les talents encore en course ou éliminés entretiennent l’opinion et soutiennent leur artiste. Et plus le nombre de talents présent dans l’équipe de chaque coach diminue, plus son pouvoir de décision diminue aussi et plus celui du public s’accroît, pour devenir déterminant lors de la demi-finale et décisif lors de la finale, qui consacre le gagnant de l’épreuve. Cela donne parfois des décisions qui surprennent, des revirements qui provoque la colère de certains…

Une situation que les dirigeants d’entreprise ne connaissent que trop bien : confronté à la concurrence (les autres coaches de « The Voice« ) dont il doit surveiller le discours et les mouvements, y compris ceux visant à s’emparer de ses talents, il doit aussi séduire ses prospects et fidéliser ses clients (le public de l’émission) tout en surveillant son image sur les réseaux sociaux, car tout le monde s’y exprime, y compris ses concurrents. Mais ce n’est pas tout : tout comme le coach doit mener son poulain à la victoire, le dirigeant d’entreprise doit mener à bien les projets en cours.

Et si on intégrait « The Voice » dans les programmes d’enseignement secondaires ou supérieurs ?

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