Collecte de données en ligne

Le chargé de veille s’invite dans l’économie de partage

Economie du partage

Comme chargé de Veille, je passe pas mal de temps devant l’écran de mon ordinateur, avec plaisir, d’ailleurs.

Mais j’éprouve, de temps à autre, le besoin de sortir de ma bulle Internet pour aller rencontrer de vrais gens dans le vrai monde.

C’est à cette occasion que j’ai croisé Juliette Le Moine, dynamique dirigeante d’une jeune entreprise, Yummiguest. Une occasion pour moi de découvrir une entreprise mariant couchsurfing et colunching. Une tendance touristique qui a éveillé en moi un souvenir : le film « l’auberge espagnole » de Cedric Klapish, avec une touche de réseau en plus.

Ma curiosité s’est alors trouvée piquée au vif. Dès le lendemain, me voilà à la recherche de données complémentaires sur ce secteur d’activité. Et au détour d’une requête, me voilà nez à nez avec un interview de Magali BOISSEAU, de Bedycasa. Et là, une question et une réponse me saute aux yeux :

Quels sont les pays qui participent le plus à cette formule d’hébergement ?

En tête de liste, l’Espagne, l’Angleterre et la France ! 

Or, la France et l’Espagne figurent dans le top 5 des pays « exportateur » d’étudiants Erasmus, tandis que l’Angleterre est fortement « importateur« . Ma référence au film de Cedric Klapish était donc une intuition juste. La veille, c’est parfois cela, aussi. A ce propos, un grand merci aux étudiants du Master EERI de l’université de Cergy en charge du thème « Europe et éducation » pour avoir éclairé ma lanterne sur ce point.

Il semble donc que cette activité constitue une tentative d’adaptation d’une pratique étudiante à un autre contexte. Une adaptation dont devraient s’inspirer d’autres acteurs, notamment dans le secteur du tourisme. Ce qui me laisse penser qu’une veille sur certains thèmes centraux ou périphériques à cette activité me paraît indispensable à la pérennité de l’entreprise naissante.

Mais le hasard (ou appelez le comme vous voulez) aime parfois insister : voilà que moins de 48h après arrive sur ma boîte mail professionnelle une missive de Marie-Charlotte pour me vanter les bienfaits du colunching, et de Duodej. Et me voilà reparti sur un autre modèle économique reposant sur le réseautage.

Créé au printemps 2011 en France par Frédéric de Bourguet et Sonia Zannad au sein de Colunching.com, puis porté auprès du grand public français par l’émission « On ne demande qu’à en rire », le colunching consiste, pour des petits entrepreneurs, des travailleurs indépendants des chômeurs ou des mères de famille en congé de maternité à se rencontrer autour d’un déjeuner afin de renouer le lien social. Une occasion de découvrir de nouvelles personnes et de nouveaux restaurants, mais aussi d’étendre son réseau professionnel autour d’un bon repas. Et le concept s’étend au co-dining.

Le colunching s’inscrit dans cette nouvelle tendance de la consommation collaborative et de l’économie du partage, au côté du covoiturage, de la colocation ou du coworking. Mais Colunching.com n’est pas le premier site web à s’intéresser à la cuisine. Lancé en 2007, la Fourchette.com est un service de réservation de tables en temps réel qui mise sur les promotions et les réservations de dernière minute. Plus récents, les sites Restopolitan.com ou Restobookings.fr ont repris la même formule. Dans un autre registre, Donappetit.fr a concocté un concept d’un tout autre genre. Le site, organisé par régions, propose de partager, non pas une table, mais son surplus de nourriture : restes de mariage, frigo trop plein avant un départ en vacances…

Or, cette économie du partage, partie d’une idée généreuse, intéresse un nombre de plus en plus important d’investisseurs, comme en témoigne Tim Hyer, le fondateur de Getable. C’est ainsi que Relayrides est désormais adossé à General Motors. Et le mouvement n’est pas qu’américain, puisque Vadrouille Covoiturage a reçu le partenariat de Mappy. D’autres entreprises se sont adaptées et ont été à l’écoute de ce changement de comportement, comme Michelin qui loue ses pneus, Elis qui loue des vêtements professionnels avec leur entretien, BMW avec une solution d’autopartage, Ikea proposant de récupérer d’anciens meubles contre des bons d’achats, Castorama avec son offre d’échange d’heures de bricolage, et d’autres encore… Cette arrivée des financiers sur un secteur qui ne l’était pas au départ induit une évolution des stratégies non seulement du monde des investisseurs, mais aussi des entreprises fondées sur le modèle du partage.

Sur le socle de ces observations, rien n’interdit de penser que des grands comptes pourraient casser leur tirelire afin de racheter ces petites pousses, pour attirer à eux une nouvelle génération de consommateurs, plus motivés par l’utilisation d’un produit ou d’une prestation de service que par son appropriation. Plus inquiétant, cette substitution de l’achat d’usage à l’achat de propriété peut révéler une baisse du niveau de vie au niveau nationale, voire, pourquoi pas, européen ou occidental ? Au profit de qui ?

A ce stade de la réflexion, je ferais mienne une formule de Loïc Le Meur : « Les médias traditionnels envoient des messages, les blogs démarrent des conversations« . Celle ci reste donc ouverte.

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