Collecte de données en ligne

Un chargé de Veille se lance dans le storytelling…

Le désert étend à perte de vue son sable jaune et fin. Et le ciel d’un bleu limpide lui sert de manteau, tandis que les rayons du soleil, à l’heure la plus chaude de la journée, renvoient tous ce qui vit à la recherche d’une bienfaisante fraîcheur.

Deux points noirs maculent cette étendue jaune, comme deux taches. Deux hommes, en fait, qui discutent depuis quelques minutes. Le premier, revêtu d’une djellaba bleue, a posé, à côté de lui, une vieille cabine téléphonique. Face à lui, assis à côté d’une enclume de forgeron, un autre, portant pour tout vêtement une peau de lion, lui tend une tasse d’un thé brûlant.

Vision surréaliste que ces deux hommes discutant comme si de rien n’était de leur voyage en ce désert inhospitalier, émaillé de rencontres insolites. Et plus étrange encore ces objets dont ils s’encombrent.

La curiosité s’empare d’ailleurs de l’homme à l’enclume, qui finit par demander à brûle-pourpoint à son interlocuteur :

« Pourquoi voyager en ce désert avec une cabine téléphonique ? Cela doit peser terriblement lourd, et le désert n’est pas équipé de lignes téléphoniques…

Je le confesse, lui répond l’autre, la charge fait son poids. Mais rien de tel pour dormir la nuit, à l’abri de l’humidité ou pour s’abriter des tempêtes de sable. Sans compter qu’avant-hier, je suis tombé sur un lion qui semblait fort affamé, et qui avait bien l’intention de faire de moi son repas. Et ce serait sans doute arrivé si je n’avais pas trouvé refuge dans cette cabine téléphonique.

Le silence suit cet échange. Chacun médite sur la précarité de sa condition humaine, confronté à une nature hostile qui le dépasse. Mais la curiosité de l’homme à la cabine téléphonique reste inassouvie. Et il questionne à son tour son vis-à-vis :

« Si voyager dans le désert avec une cabine téléphonique constitue une charge, que dire de l’enclume à côté de laquelle vous vous tenez présentement ? Car si ma cabine me protège des aléas de la nature, quelle fonction peut bien tenir une enclume en plein désert ?

Je comprends votre interrogation. Mais ne sous-estimez pas l’utilité de cette enclume. Pas plus tard qu’hier, je suis tombé nez à nez avec le lion affamé que vous évoquiez il y a peu. Et j’aurais, tout comme vous, pu finir dans son estomac. Mais en posant mon enclume, j’ai pu courir plus vite. Cet effort a eu raison des forces de l’animal. Il m’a, dès lors, été facile d’en venir à bout. J’ai donc pu manger, et je tirerais de la peau de cet animal un bon prix lors de ma prochaine halte dans une oasis. »
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Même si la trame de l’histoire paraît peu claire, c’est bien l’Intelligence Economique qu’elle évoque.

Le désert chaud et inhospitalier renvoie aux environnements économiques parfois difficiles dans lesquels évoluent les entreprises, représentées par ces deux hommes.

Ces derniers dialoguent non pas comme des concurrents, mais comme des partenaires. Car le milieu économique aujourd’hui global est devenu si complexe que les concurrents d’aujourd’hui peuvent se retrouver partenaires demain, et vice-versa. Notamment lorsqu’il s’agit d’affronter une crise, symbolisée par ce lion affamé, qui pourrait tout aussi bien être un concurrent hostile qu’un fait de la nature : maladie, conditions météorologiques extrêmes, etc. Les acteurs économiques évoluent donc aussi dans un univers interactif, au coeur duquel la rapidité de réaction est une question de vie ou de mort.

L’homme à la cabine téléphonique a opté pour une attitude défensive. La cabine qui le protège des menaces ne lui permet cependant pas de profiter des opportunités que son environnement lui propose. Notamment le lion dont la chair aurait pu lui servir de nourriture et la peau de vêtement. Sa vision strictement défensive ne lui a pas permis de se saisir de l’opportunité de développer son chiffre d’affaire, symbolisé par la peau du lion, mais aussi son influence en exploitant l’effet psychologique que génère sur les autres acteurs (clients, concurrents…) la victoire dans des cironstances difficiles et dangereuses. Le dirigeant d’entreprise doit donc garder présent à l’esprit que la crise est, certes, porteuse de dangers, mais aussi d’opportunités.

Quant à l’homme à l’enclume, il symbolise le chargé de Veille. Son dispositif paraît, aux yeux du profane, aussi lourd et encombrant qu’une enclume, et aussi inutile en plein désert que peut le paraître la Veille aux yeux de certaines entreprises. Mais ce n’est pas tant le dispositif qui permet la prise de décision stratégique, que l’acuité intellectuelle de celui qui l’utilise. En l’espèce, le porteur de l’enclume a été capable de gérer la crise que représentait le lion, en analysant les forces et faiblesses du lion, comme le chargé de Veille collecte, mais aussi analyse les données qu’il reçoit. Il a évalué le risque encouru à affronter l’animal, comme doit le faire toute entreprise qui se lance dans un projet. Il a su, en outre, protéger sa personne et ses biens, tout comme l’entreprise doit être capable de protéger tant son patrimoine matériel qu’immatériel, ses informations, notamment. Cette victoire, dont le récit intéressera les caravaniers qu’il croisera dans l’oasis, lui permettra d’asseoir sa visibilité et sa présence auprès des autres acteurs et de renforcer son influence. Elle constituera également un corpus de processus à suivre, au cas où pareil événement se reproduirait, ce qui constitue l’épine dorsale du Knowledge Management.

A méditer sous le soleil estival (ou ce qu’il en reste…)

Une réflexion au sujet de « Un chargé de Veille se lance dans le storytelling… »

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