Profiling verbal

E-réputation : une formule qui en dit long

« Il ne faut pas croire tout ce qui est écrit sur Internet… »

C’est un message récurrent depuis quelques années que les informations diffusées sur Internet ne doivent pas être prises par les usagers du Web pour parole d’évangile, mais faire l’objet d’un examen critique, voire d’un recoupement. De la CNIL au Sénat, des professionnels aux profanes, tout le monde le répète.

Nietzsche prétendait que ce dont on parle beaucoup finit par devenir suspect. Voilà qui s’applique également à cette affirmation : et si ceux qui la prononcent péchaient tantôt par excès, tantôt par défaut ?

Dans l’excès, nous avons les défenseurs de l’enfant. Et leur discours, basé sur l’appel à la peur, n’a d’autre finalité que de tenter de prendre le contrôle d’un Web que la société civile redoute de ne plus maîtriser. Le danger pointé du doigt est réel, et doit être pris en compte. Mais quiconque traverse la rue risque aussi de se faire renverser par une voiture conduite par un chauffard ivre ou imprudent. Pourtant, nous continuons d’aller travailler ou faire nos courses, en dépit du danger qui plane au dessus de nos têtes. D’où la question : à qui profite cet alarmisme autour du Web ?

D’autant plus que cette remarque m’a été faite par une entreprise « Web inconsciente » que je ne citerais pas ici, dont je mettais en exergue le déficit d’image sur Internet, et la réputation sulfureuse qu’elle véhiculait sur les conversations, et qui m’opposait la communication lisse et consensuelle de son site institutionnel. Or, ce site institutionnel fait partie de cet Internet dont il faut se méfier. Les usagers du Web l’ont d’ailleurs parfaitement compris. Dès lors, cette méfiance du Net en entreprise sert peut-être de paravent à ses dirigeants pour masquer leur incapacité à gérer ce qui est désormais partie intégrante du patrimoine immatériel de toute entreprise, à savoir la réputation, et plus particulièrement la réputation en ligne, cette devanture de magasin censée attirer le chaland à l’intérieur. Mais c’est bien connu, on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, ni les clients avec un produit défectueux ou les candidats avec une ambiance d’entreprise délétère. Or, tout consommateur, tout candidat se renseigne sur une entreprise en tapant son nom sur le moteur de recherche de son choix. Donc, au lieu de clamer qu’Internet n’est pas une source d’informations fiables, ce dont l’internaute n’a cure, mieux vaut, par la mise en place d’une stratégie de communication en ligne, surveiller le flux des échanges et diffuser auprès d’un public préalablement ciblé les réalisations illustrant les valeurs et la culture d’entreprise. Ce que l’on appelle en jargon professionnel le « discours de preuve« .

Un joli exemple trouvé récemment : la société Oracle France. Je vous laisse apprécier la devanture…

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