Collecte de données en ligne

Papa, maman, c’est quoi un chargé de veille ?

Nous avons tous connu cela. Au cours d’une discussion sur l’activité professionnelle de chacun, quelqu’un se tourne vers vous et vous demande: »Et toi, tu fais quoi ? »

Avec le métier de chargé de veille, la difficulté débute dès qu’il s’agit de le définir. D’ailleurs, certains doivent encore croire que vous travaillez pour une société de surveillance. Et ce n’est pas totalement faux. Sauf que vous ne déambulez pas la nuit avec un chien dans les locaux vides d’une entreprise.

Selon l’APEC, le chargé de veille « conçoit, met en oeuvre et fait évoluer les dispositifs de veille ». Une définition tautologique, qui laisse entière la délimitation des contours de la notion de veille. Voilà qui rappelle la définition du commerçant par le Code de Commerce : le commerçant est celui qui conclut des actes de commerce, et l’acte de commerce est défini comme tout acte conclu par un commerçant. Il faut donc approfondir la notion de veille pour comprendre les missions du chargé de veille. Et empêcher ce serpent de se mordre la queue.

En entendant parler de « veille« , de nombreux dirigeants d’entreprise pensent spontanément à la veille technologique. Au point qu’un «  job board » s’est spécialisé sur cet étroit créneau. Ils ont intégré que, pour exister, ils devaient se tenir au courant des nouveautés concernant une technique ou un champ de technologies. D’autres lui assignent des missions différentes : protéger, défendre, surveiller. Il reste que la veille ne sert pas uniquement à prévenir des menaces. Elle permet aussi de détecter les opportunités. D’où l’apparition d’autres verbes : identifier, proposer, évaluer.

Parfois, c’est la Veille commerciale qui est mise en avant : surveillance de l’état et évolution du marché, et l’analyse des marchés.

Mais tentez une expérience simple : tapez « veille » sur n’importe quel moteur de recherche, et regardez les mots qui vous sont suggérés : au côté de l’écran de veille, peu lié au métier, apparaissent alors la veille concurrentielle, économique, informationnelle, juridique, réglementaire, sanitaire, stratégique, technologique…et la liste n’est pas exhaustive.

Voilà où le bât blesse : du fait de son champ d’application étendu, la veille dans toute sa diversité apparaît comme une activité chronophage et peu rentable. Elle se trouve alors confiée à d’autres personnes de l’entreprise, en plus de leur mission principale. Il peut s’agir d’un commercial, chargé de la Veille Concurrentielle. Ou d’un chargé de clientèle. Le chargé de relations presse se verra investi de la mission de Veille media, ou le responsable Paie de la Veille juridique. Ce qui tend à disqualifier le chargé de veille. Car si tout le monde peut faire de la veille, cela signifie que l’activité ne requiert aucune compétence spécifique pré-requise. Pas de formation spécifique, ni d’expérience professionnelle antérieure.

Et si le métier de chargé de veille n’existait pas ? C’est d’ailleurs la teneur du propos de certains professionnels. « La machine à café reste un lieu d’échange non négligeable pour la veille et l’e-mail un outil quotidien pour faire remonter l’information. » La veille ne serait qu’une attitude, une attention portée à l’environnement.

Pour comprendre la vacuité d’un tel concept, un exemple simple suffit : que se passerait-il si le service Comptabilité était supprimé au motif que chaque service de l’entreprise tenait sa propre comptabilité ? Si rien n’interdit que chaque service surveille ses dépenses, il reste qu’au final, quelqu’un devra remplir la déclaration de TVA. Et même si le dirigeant de l’entreprise chargeait chaque salarié de détecter les opportunités commerciales, encore faudrait t-il que quelqu’un aille faire signer le contrat au client, après lui avoir expliqué les caractéristiques du produit ou du service et l’avantage qu’il retirerait de son utilisation par rapport au produit du concurrent.

Le discours du « tous velleurs » est notamment tenu au sein de certaines entreprises dans lesquelles la vision financière prime. Ces entreprises trahissent une « culture veille » peu développée, caractérisé notamment par une forte structure hiérarchique verticale, et dont le cloisonnement complique l’analyse des données collectés. Certains verbes ressortent, en effet, spontanément des offres de postes à pourvoir : collecter, analyser, synthétiser. Le produit de la veille ne serait donc pas uniquement une sorte de liste à la Prévert des données disponibles çà et là. Les échecs constatés lors de la mise en place d’une veille en entreprise se justifient parfois par une réduction de l’activité de veille à sa dimension technique. Et l’analyse servirait alors à comprendre, voire anticiper, les évolutions possibles du marché.

Dès lors, pourquoi ne pas définir le chargé de Veille comme : « celui qui centralise la collecte des données relatives à l’évolution de l’environnement économique, réglementaire et technologique de l’entreprise, leur regroupement en informations et une analyse de premier niveau pour en déduire les renseignements nécessaires sur les opportunités à intégrer dans l’élaboration de la stratégie d’entreprise » ?

D’accord, ce n’est pas facile à placer en société. Mais le débat reste ouvert…

14 réflexions au sujet de « Papa, maman, c’est quoi un chargé de veille ? »

  1. Ta phrase de fin elle est bien, si tu as un polytechnicien en face de toi !

    Si tu as un français classique, tu peux lui dire : « je suis chargé de trouver une information pertinente pour aider mon entreprise à prendre des décisions pertinentes, sur de nombreux points »

    Et enfin si tu as une personne qui n’a pas trop de notion en Web ou information : « je passe ma journée sur Internet et j’essaie de répondre à des questions que me pose mon chef, en essayant de l’aider dans ses choix »

    1. Merci pour ton commentaire.

      Ma définition finale est un peu compliqué, je le reconnais. Mon propos était davantage de fournir à la réflexion du combustible.

      Tes définitions ne sont pas mal non plus, pour une conversation sociale ordinaire. Mais pour stimuler la création de poste de chargé de veille dans les entreprises, notamment les PME les plus vulnérables et les moins équipées, ou bien certaines associations, il me semble qu’il faudrait autre chose. Quoi, exactement ? Je ne suis pas sûr de le savoir. D’où ce billet pour lancer la réflexion…

    2. Merci pour ton commentaire.

      Ma définition finale est un peu compliqué, je le reconnais. Mon propos était davantage de fournir à la réflexion du combustible.

      Tes définitions ne sont pas mal non plus, pour une conversation sociale ordinaire. Mais pour stimuler la création de poste de chargé de veille dans les entreprises, notamment les PME les plus vulnérables et les moins équipées, ou bien certaines associations, il me semble qu’il faudrait autre chose. Quoi, exactement ? Je ne suis pas sûr de le savoir. D’où ce billet pour lancer la réflexion…

  2. Oui, la phrase de la fin est la bonne, et il existe un mot en français qui résume tout ça. Pourquoi ne pas utiliser le vocabulaire dont on dispose ?

    Centraliser « la collecte des données relatives à l’évolution de l’environnement » d’une activité donnée quelle qu’elle soit, « leur regroupement en informations et une analyse de premier niveau pour en déduire les RENSEIGNEMENTS nécessaires (…) dans l’élaboration de la stratégie », cela s’appelle SE RENSEIGNER. Un veilleur, c’est quelqu’un qui se renseigne sur son environnement. S’il est militaire, il fait du renseignement militaire, s’il est policier, il fait du renseignement de sécurité, s’il est entrepreneur, il fait du renseignement d’entreprise ! Et cela n’a rien à voir avec l’espionnage qui n’est qu’un moyen de « collecte » de l’information, pratiqué dans la clandestinité, dont il faut savoir se protéger, mais qui reste dans un Etat de droit parfaitement illégal.

    1. Merci pour votre contribution. En effet, le chargé de veille ne recherche des données que sur les sources ouvertes et l’obtient par des voies légales, au contraire de l’espion.

      Sur la notion de renseignement, je serais un peu plus mitigé. D’un strict point de vue sémantique, j’abonde entièrement dans votre sens. Par contre, faites une expérience : tapez « renseignement » sur le moteur de recherche de votre choix, et consultez les réponses en première page : le renseignement évoqué, lorsqu’il n’est pas téléphonique (ce qui n’a rien à voir avec un renseignement, mais plutôt avec une donnée brute) est lié aux services secret, au terrorisme, aux opérations spéciales…bref, au monde de l’espionnage, antithèse de la mission du chargé de veille. Le terme se trouve, de ce fait, affublé d’une réputation sulfureuse, peu engageante pour une entreprise.

      Si quelqu’un veut se lancer sur la réputation en ligne de la notion de renseignement (et si la sémantique devenait un champ d’application de l’e-réputation) , je lirais le résultat avec plaisir.

    2. Merci pour votre contribution. En effet, le chargé de veille ne recherche des données que sur les sources ouvertes et l’obtient par des voies légales, au contraire de l’espion.

      Sur la notion de renseignement, je serais un peu plus mitigé. D’un strict point de vue sémantique, j’abonde entièrement dans votre sens. Par contre, faites une expérience : tapez « renseignement » sur le moteur de recherche de votre choix, et consultez les réponses en première page : le renseignement évoqué, lorsqu’il n’est pas téléphonique (ce qui n’a rien à voir avec un renseignement, mais plutôt avec une donnée brute) est lié aux services secret, au terrorisme, aux opérations spéciales…bref, au monde de l’espionnage, antithèse de la mission du chargé de veille. Le terme se trouve, de ce fait, affublé d’une réputation sulfureuse, peu engageante pour une entreprise.

      Si quelqu’un veut se lancer sur la réputation en ligne de la notion de renseignement (et si la sémantique devenait un champ d’application de l’e-réputation) , je lirais le résultat avec plaisir.

  3. C’est vrai, dans un contexte géopolitique, le mot « renseignement » est chargé de soufre. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de lancer une étude de sa réputation en ligne pour s’en convaincre.

    Faut-il pour autant s’interdire l’usage du mot dans d’autres contextes ? Dans un contexte téléphonique, il reste utilisé et ne prête à aucune confusion (je ne fais pas de distinction fondamentale entre donnée brute et renseignement : la portée exacte d’un système d’arme ennemi peut être un renseignement de première importance tout en demeurant une donnée brute).

    Pourquoi diable, dans le contexte des activités de l’entreprise, en serait-il autrement, au point qu’on s’interdise l’usage du mot pour qualifier une fonction essentielle à la compétitivité de l’entreprise ? Le mot ne peut prêter à confusion que dans l’esprit de ceux qui ont déjà des doutes sur la nature des activités de l’entreprise !

    C’est malheureusement le cas, je vous l’accorde, de certains promoteurs de l’IE qui, faisant commerce de la notion de « guerre économique », donnent à penser qu’ils sont des guerriers au service de l’entreprise, et sèment ainsi un doute légitime sur la légalité de certaines de leurs activités.

  4. Une fois encore, je souscris tout à fait à votre vision sur la signification sémantique du mot « Renseignement », tel que fourni par n’importe quel dictionnaire de la Langue Française.

    Cependant, un mot n’est pas qu’une définition formelle dans un dictionnaire. Il est aussi utilisé par des gens dans leurs relations quotidiennes, et dans des contextes extrêmement divers. Et un simple examen des dix premiers résultats d’un moteur de recherche montre que le mot « renseignement » renvoie à deux réalités : les renseignements téléphonique et l’espionnage. C’est une sorte de « Point Godwin » (sur la loi de Godwin, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin). D’ailleurs, par curiosité, faites la même recherche avec le mot « influence », vous verrez que vous arriverez sur un autre point Godwin…

    Et je ne partagerais pas votre défiance envers la notion de « Guerre Economique », promue notamment à l’EGE, dont je ne suis pourtant pas un ancien élève. La « Guerre Economique » est comme l’atome, ce n’est pas la notion qui est mauvaise, mais l’usage qui peut en être fait par certains. Elle n’est, en tout cas, pas plus nocive que la naïveté stupéfiante ou la paranoïa maladive dont font parfois preuve certains dirigeants d’entreprises, deux attitudes aux antipodes de ce que devrait être l’Intelligence Economique.

  5. Ce n’est pas de la « notion de guerre économique » dont je me défie, mais bien justement de l’usage que certains « guerriers » en col blanc pourraient en faire. Libre à l’EGE de professer l’art de la guerre, mais on peut raisonnablement penser que les « guerriers » qu’elle forme ainsi soient tentés de faire usage de leur art.

    Contrairement au domaine de l’atome pour lequel il peut y avoir un bon (entendre pacifique) ou un mauvais (entendre militaire) usage (je ne parle pas de la dissuasion dont le principe est justement le non usage), il ne peut y avoir un bon et un mauvais usage de la guerre : il n’y a que la guerre ou la paix.

    Il est assez curieux et paradoxal que le mot renseignement appliqué à l’entreprise vous rebute sous prétexte que son usage sur internet soit « lié aux services secrets, au terrorisme, aux opérations spéciales…bref, au monde de l’espionnage, antithèse de la mission du chargé de veille », alors que dans le même temps, le mot guerre appliqué au même domaine ne vous choque pas. Allez donc taper « guerre » sur les moteurs de recherche, vous verrez si ce qu’ils vous ramènent n’est pas aux antipodes des activités de l’entreprise !

    Pardon pour le ton, mais le sujet (la guerre) me paraît suffisamment grave pour ne pas s’encombrer de précautions oratoires inutiles. Merci en tout cas pour le débat, la discussion est sans aucun doute intéressante.

    1. Je partage votre point de vue sur l’influence néfaste du mot « guerre » et de la terminologie militaire sur la réputation de l’Intelligence Economique en France.

      Cependant, j’attire votre attention sur un billet lu ce jour : « Sun Tzu, l’art de la guerre appliqué aux media sociaux » : http://www.conseilwebsocial.com/index.php/2010/sun-tzu-l’art-de-la-guerre-applique-aux-medias-sociaux/

      Le chroniqueur de ce billet explique clairement que le lien entre la conduite d’une guerre et celle d’une entreprise est l’élaboration d’une stratégie pour atteindre les objectifs que se fixe l’entreprise.

      Dès lors, je m’interroge : faut-il réformer le vocabulaire autour de l’Intelligence Economique et la Veille pour rendre la matière et ses praticiens acceptables aux yeux des entreprises, ou bien s’agit-il d’une activité digne de la rédaction du dictionnaire novlangue de George Orwell dans « 1984« , qui viderait la matière de sa substance, et, du même coup, porterait atteinte à la crédibilité de ceux qui la pratiquent ?

    2. Je partage votre point de vue sur l’influence néfaste du mot « guerre » et de la terminologie militaire sur la réputation de l’Intelligence Economique en France.

      Cependant, j’attire votre attention sur un billet lu ce jour : « Sun Tzu, l’art de la guerre appliqué aux media sociaux » : http://www.conseilwebsocial.com/index.php/2010/sun-tzu-l’art-de-la-guerre-applique-aux-medias-sociaux/

      Le chroniqueur de ce billet explique clairement que le lien entre la conduite d’une guerre et celle d’une entreprise est l’élaboration d’une stratégie pour atteindre les objectifs que se fixe l’entreprise.

      Dès lors, je m’interroge : faut-il réformer le vocabulaire autour de l’Intelligence Economique et la Veille pour rendre la matière et ses praticiens acceptables aux yeux des entreprises, ou bien s’agit-il d’une activité digne de la rédaction du dictionnaire novlangue de George Orwell dans « 1984« , qui viderait la matière de sa substance, et, du même coup, porterait atteinte à la crédibilité de ceux qui la pratiquent ?

  6. Bien sûr, le lien entre la conduite d’une guerre et celle d’une entreprise est l’élaboration d’une stratégie pour atteindre (des) objectifs. Mais, les objectifs de la guerre qui sont fixés par la politique, n’ont justement rien à voir avec ceux que peut fixer l’entreprise. Si similitude il y a, elle porte sur la conduite et ses grands principes qui sont universels et peuvent s’appliquer à n’importe quelle autre activité humaine, sûrement pas aux objectifs et encore moins aux moyens employés pour les atteindre.

    Faut-il réformer (je dirais plutôt mettre de l’ordre dans) le vocabulaire de l’IE et de la veille ? Sans aucun doute. Pour rester dans les chinoiseries, on peut citer Confucius : « pour mettre de l’ordre dans l’Empire, il faut commencer par mettre de l’ordre dans les dénominations ». Lorsqu’on interrogeait Confucius, nous dit Maurice Druon, sur la première qualité que devait posséder un ministre, il répondait : « Bien connaître le sens des mots ». D’autres lui attribuent encore le même avis formulé un peu différemment : « Si je gouvernais je commencerais par rétablir le sens des mots ».

    Il ne s’agit en aucun cas d’une « activité digne de la rédaction d’un dictionnaire novlangue », ni de vider quelque matière que ce soit de sa substance, mais bien de redonner au mot « renseignement » le sens que lui donne le dictionnaire de la langue française, comme vous le faites vous-même fort justement remarquer.

    Toute théorie scientifique est, par nature, la conceptualisation d’une observation du monde réel. Elle débute impérativement par le tracé des contours de l’objet observé. C’est là le rôle essentiel de la définition. Sans définitions, il n’y a pas de science. Il n’y a pas non plus de métier qui puisse se passer d’un vocabulaire précis sur lequel fonder ses savoir-faire et ses pratiques. La « crédibilité de ceux qui le pratiquent » est sans aucun doute à ce prix.

    1. Sur la notion de « guerre économique« , je vous invite à lire « Conquérir les marchés : le rôle des Etats » et le billet « la Guerre Economique : nouveau paradigme des relations internationales ou simple mot d’ordre ? » d’Eric Pomes. Il résulte de ces deux écrits que la notion est bien antérieure à la mondialisation. Pourtant, je retiendrais cette formule de Guy Carron de la Carrière : « au temps de la globalisation et de la concurrence mondialisée, la guerre économique est un abus de langage et la paix dans l’économie une illusion ». Il semble donc que nous nous trouvons en ce moment dans une situation intermédiaire, ni carrément guerrière, ni franchement pacifique. D’où la difficulté à cerner la terminologie appropriée…

      A cela s’ajoute le fait que, quoi que l’on en dise, un mot n’existe pas uniquement comme une définition dans l’esprit des gens, notamment de ceux qui n’ouvrent pas souvent un dictionnaire, mais revêt également une résonnance affective. D’où l’assimilation du renseignement au monde de l’espionnage ou de l’influence à la manipulation. Et si les moteurs de recherche interrogés sur le mot « guerre » renvoient principalement à des conflits récents (guerres mondiales, Guerre de Corée, Guerre du Viet-Nâm…), pas toujours armés (guerre des sens interdits à Levallois-Clichy, guerre contre la burqua, Guerre Froide…), la guerre apparaît aussi associée aux jeux en ligne (Guerre Tribale…). Cette banalisation du mot, si elle n’excuse pas l’abus de langage, explique son utilisation hors de son contexte original.

      Dans ces circonstances, le rappel de la définition des mots, pour pertinent qu’il soit dans la clarté de la pensée et de son cheminement, n’empêchera pas les réactions épidermiques de ceux à qui l’usage du dictionnaire est peu familier. De surcroît, la première phase de l’endoctrinement d’un adepte par un groupement sectaire est la substitution du vocabulaire de la secte au vocabulaire courant. Le gourou s’assure ainsi le contrôle de la pensée des adeptes, et sinon leur coupe, du moins complique toute possibilité de retour à la « vie normale« . Le travail des gouvernants chinois de tout temps, compte tenu de l’étendue du territoire et de l’importance des populations à gouverner, a été de modeler la pensée de leurs sujets.

      D’où mon allusion au dictionnaire novlangue de « 1984« .

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