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Un chargé de veille au royaume des auto-entrepreneurs

La Fédération des Auto-Entrepreneurs diffuse sur Agoravox le 14 avril 2010 la table ronde organisée par Twideco.TV le 9 novembre 2009 sur le statut d’auto-entrepreneur sous le titre : « Un an de régime d’auto-entrepreneur : pour ou contre ? ».

« Vox Populi, vox dei » disait un vieil adage romain. Le peuple s’exprimant désormais sur Internet, il suffit de partir à la pêche.

Sur le plan quantitatif, le veilleur d’opinion en quête de fora évoquant l’auto-entrepreneuriat sur les moteurs de recherche généralistes est plutôt gâté : 760 000 réponses sur Yahoo, 166 000 sur Google, 2 570 sur Ask.com… Le statut d’auto-entrepreneur fait couler beaucoup d’encre. Les intervenants sont, avant tout, des institutionnels : URSAFF, APCE, CCI…Quelques intervenants privés émergent, tels Planète micro-entreprises, organisateur de salons dédiés aux micro-entreprises ou au service à la personne. Mais à part Nicolas Boussion, peu d’auto-entrepreneurs s’adressent aux auto-entrepreneurs. Le sujet reste avant tout entre les mains d’experts et de techniciens qui délivrent des discours « top/down » sur le fonctionnement de la machine, mais manquent de présence sur les petits tracas quotidiens que rencontre l’auto-entrepreneur. D’où ce florilège de littérature, témoin du besoin en communication qui habite des auto-entrepreneurs parfois livrés à eux-mêmes.

D’un point de vue qualitatif, les avis sont tranchés : tandis que Peggy trouve que « c’est une façon absolument géniale de se lancer dans les affaires », Ceremonize attire l’attention sur le fait qu’être auto-entrepreneur,  « ce n’est surtout pas le régime de prédilection pour une activité à 100% !! ». Partisans ou détracteurs ont toutefois bien reçu le discours gouvernemental, comme en témoigne Hiba : « le statut « auto-entrepreneur » est un statut dont les démarches sont simples, et ayant des charges qui ne sont pas énormes. ». Par ailleurs, certaines catégories socio-professionelles ont leur point de vue : « ça me semble bien moins intéressant que la MDA ou l’Agessa » lit-on sur le forum des artistes plasticiens. La preuve que le statut n’est pas la panacée universelle que beaucoup présentent.

L’une des raisons réside dans les charges sociales particulièrement basses :

« Avec une vue à court terme, c’est un taux sympathiquement bas qui laissera donc plus de bénéfice.

Avec une vue à long terme, qui peut penser qu’avec un taux aussi bas il puisse y avoir une couverture sociale complète et une retraite satisfaisante ? »

Pour François, l’intention du gouvernement doit être bien compris : la lutte contre le travail clandestin : « Sous couvert d’une idée qui est présentée comme l’encouragement à l’entreprenariat ou le développement de l’emploi, les pouvoirs publics vont simplement récupérer des cotisations qui jusqu’à présent n’étaient pas payées. ». C’est aussi, pour un autre internaute, « une manière d’essayer de ne pas pointer aux Pôles Emploi ». Il reste que les internautes pointent du doigt cette démocratisation de l’entrepreneuriat, qui générera aussi des effets pervers : « Je ne suis pas d’accord avec ce statut qui va mettre n’importe qui sur le marché sans assurance et les vrais artisans seront en concurrence déloyale. ». A quoi il est répondu : « un travailleur précaire qui va créer son salaire avec 80 000 euros de chiffre d’affaires n’est nullement un obstacle au développement des autres PME-PMI même artisanales. ». Le statut de l’auto-entrepreneur, s’il réjouit l’homme de la rue, semble effrayer certains professionnels. Le législateur a récemment calmé leurs inquiétudes.

Au-delà de ces manifestations d’enthousiasme ou de scepticisme épidermiques, ce sont surtout les informations qui manquent aux auto-entrepreneurs : « mon fournisseur me demande un extrait k biss, et comme je suis autoentrepreneur, ai je un extrait k biss???? », ou « En congé parental, puis-je devenir auto entrepreneur ? » ASSEDIC, taxe professionnelle ou TVA sont également des sujets récurrents sur lesquels des précisions sont demandées. Nul doute que les services de renseignements administratifs doivent être débordés…

4 réflexions au sujet de « Un chargé de veille au royaume des auto-entrepreneurs »

  1. Effectivement, cette analyse est assez juste : on a encore du chemin à parcourir pour vulgariser l’info et se préoccuper du quotidien des auto-entrepreneurs.
    Un bémol cependant sur cet article : la fédération des auto-entrepreneurs est faite d’auto-entrepreneurs qui parlent aux auto-entrepreneurs et se mettent au service d’une communauté de créateurs pour les aider dans le développement.
    Le chemin à faire est encore long !

  2. Merci pour l’intérêt porté à mon billet.

    Mon propos n’était pas de critiquer l’action de tel ou tel organisation professionnelle ni d’en faire la promotion. Je souhaitais simplement montrer qu’Internet est un formidable révélateur d’opinion, et encore n’ai-je fait qu’une recherche sommaire. Un véritable audit d’opinion exige un travail plus approfondi sur des supports Web 2.0 plus diversifié.

    Je reste ouvert à toute discussion sur ce sujet.

  3. Je trouve de votre billet globalement intéressant. Toutefois, une chose me dérange : Que vous vous fassiez l’echo d’information fausses et de part la présentation de votre billet, il n’y que cela qui ressort.

    Je voudrais donc apporter la correction suivante :

    Contrairement à l’idée généralement véhiculé par les détracteurs de ce régime et par ceux qui ce contente de ne regarder les choses que superficiellement … Un auto-entrepreneur qui travail ne paye pas moins de charges sociales qu’un autre entrepreneur individuel sous une autre régime.
    Si effectivement, on ne considère que le % sans regarder la base de calcul, cela va du simple au double, sauf que la base de calcul pour le régime de AE est 100% du CA. Donc au final, à CA égale, les charges sociales sont équivalentes.

    Si maintenant l’on considère que l’AE paye moins de charges sociale parce qu’il n’est pas soumis à la taxation d’office les deux premières années je répondrais simplement que c’est enfin le bon sens qui à gagné !
    Car comment peut-on trouver normale de demander que des charges soit payer sur la base d’un CA forfaitaire à quelqu’un qui démarre son activité et qui ne fait pas encore de chiffre d’affaire ou autrement dit, trouve-t-on normale que pendant les deux premières années d’exercice un entrepreneur ne travail que pour payer des charges sociales ?

    Pour conclure : En créant de nouvelles activités, ce dispositif permet d’abonder les ressources de la sécurité sociale : 180 millions d’euros de cotisations sociales ont ainsi été encaissés au titre de l’année 2009.

  4. Je trouve votre billet intéressant, toutefois il dommage que vous vous fassiez l’echo d’informations erronés et que la présentation que vous avez donné à celui-ci fasse que ce soit cette idée qui ressorte le plus.

    Contrairement à l’idée colportée par les détracteurs du régime de l’auto-entrepreneur, à chiffre d’affaire égale, celui-ci ne paye pas moins de charges sociales qu’un autre entrepreneurs individuelles sous une régime différent.
    Si l’on se contente de ne regarder que les % de charges sociales, effectivement cela va du simple au double. Il faut donc préciser que les bases de calcules ne sont pas les mêmes et que pour le régime de l’AE il s’agit de 100% du CA.

    Doit-on trouver normale qu’avant le 1er janvier 2009, un entrepreneur individuel démarrant son activité soit taxer d’office sur la base d’un CA forfaire alors même qu’il n’a pas encore fait de CA ?
    Doit-on trouver anormale que pour une fois ce soit le bon sens qui ai gagné ?

    Dans ce cas, que doit-on penser de : « En créant de nouvelles activités, ce dispositif permet d’abonder les ressources de la sécurité sociale : 180 millions d’euros de cotisations sociales ont ainsi été encaissés au titre de l’année 2009. » ?

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