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Les sectes investissent l’entreprise

Le rapport 2008 de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) attire de nouveau l’attention des entreprises sur les risques d’infiltration par des groupements sectaires. Souvent sous-estimé, le risque n’en n’est pas moins réel, et sa réalisation paralyse les acteurs de l’entreprise, le plus souvent impuissants contre cette menace qu’ils n’ont pas su anticiper et qu’ils ne savent pas éradiquer.

LA SECTE : UN INCENDIE DANS L’ENTREPRISE
Le développement d’un incendie repose sur deux éléments : l’oxygène et le combustible. La secte n’est pas différente. Son combustible s’appelle argent, et son oxygène légitimité. Or, l’entreprise contient, en son sein, les deux éléments. Grâce aux entreprises, les sectes peuvent détenir un pouvoir économique, exercer un contrôle sur le fonctionnement d’organismes, influencer, conquérir des esprits subtils et brillants qui leur permettront d’acquérir la reconnaissance et le brevet d’honorabilité qu’elles convoitent. La mise en état de sujétion (ou emprise sur l’individu) peut devenir un risque pour le bon fonctionnement de l’entreprise. Autrement dit, les entreprises risquent de contribuer au financement des sectes et aussi d’être déstabilisées par leur influence.

Une fois dans l’entreprise, la secte peut recruter de nouveaux adeptes parmi les salariés, notamment par le biais des formations en développement personnel, ou reverser au mouvement tout ou partie de l’argent gagné par l’entreprise, notamment l’argent de la formation. Mais elle peut aussi s’appuyer sur des adeptes déjà présents dans l’entreprise comme relais d’influence pour en prendre la direction et le contrôle. Les adeptes ainsi recrutés peuvent, par la suite, être débauchés par la secte, causant à l’entreprise une perte de potentiel humain, détenteur à la fois de la culture et du savoir-faire de l’entreprise. Enfin, l’entreprise liée à une secte subit une perte de son image de marque auprès des consommateurs, des candidats ou des citoyens, mais aussi de ses clients, ses salariés non-adeptes et ses financeurs. Cette perte de crédit, notamment auprès des clients, entraîne le départ des clients vers les concurrents, une réduction de l’activité de l’entreprise et la baisse de son chiffre d’affaire. L’infiltration comporte, en son sein, des risques d’atteinte à la fois au patrimoine matériel et au patrimoine immatériel de l’entreprise.

LES PORTES D’ENTREE DES SECTES
Les sectes et associations voisines privilégient trois portes d’entrée pour infiltrer l’entreprise.

La formation. Plus de vingt deux milliards d’euros sont dépensés chaque année pour la formation professionnelle, c’est dire si ce secteur a de quoi séduire. Peu réglementé, mal surveillé, ce marché est une véritable aubaine pour les sectes, d’autant plus que les entreprises ont tendance à sous-traiter la formation sans être trop regardantes sur le contenu. La liste des entreprises françaises ayant été en relation avec des sectes est longue, mais reste méconnue. Et pour cause personne n’a envie de travailler avec des sectes : ni les entreprises, ni les salariés, ni les comités d’entreprise (CE). Mais comment faire ? Ce thème est frappé d’omerta au sein de l’entreprise, les salariés et entreprises victimes se font rarement connaître, et les ministères impliqués ne livrent des informations qu’au compte-gouttes. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, il appartient au CE de faire preuve de vigilance, notamment en réclamant le programme détaillé de la formation, en s’assurant de la compétence des formateurs auprès du Syndicat Professionnel des Formateurs ou des organismes collecteurs. Le responsable Intelligence Economique, de par sa mission de protection des informations de l’entreprise, peut être à même de détecter et combattre la menace représentée par une infiltration sectaire.

Le recrutement. Récemment, un grand groupe de distribution spécialisé, désireux de s’implanter massivement en Chine, a eu un doute sur le personnel recruté par un cabinet, pour des postes stratégiques. Bien lui en a pris. Deux dirigeants du cabinet étaient d’obédience sectaire.

L’informatique. La nouvelle voie royale. Les sectes sécrètent des sociétés informatiques difficiles à repérer car elles n’ont aucun lien apparent avec elles. Une fois entrées dans la place, elles ont deux stratégies. Soit prendre carrément le pouvoir dans l’entreprise, soit, et c’est le cas le plus fréquent, pomper au fur et à mesure les informations vitales. Le Service Central des Préventions de la Corruption, service interministériel, s’intéresse aux « dérives qui consistent, notamment, à l’utilisation par des individus malhonnêtes d’organisations dites sectaires pour accaparer pouvoir et argent». Par exemple, l’utilisation par une entreprise de logiciels informatiques… aptes à «pomper » des informations vitales ou confidentielles. C’est de l’espionnage industriel ou commercial.

Sur ce point, comme sur bien d’autres, mieux vaut prévenir que guérir.

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